
Ceci est un récit d'expérience ayant fait l'objet d'une dé-identification, d'une évaluation des risques et d'un travail de mise en forme ; le texte ne conserve aucune information permettant d'identifier l'auteur, sa région ou tout détail reconnaissable.
Avant, je pensais que la jeunesse me protégeait, même hospitalisé pour avoir trop bu, je n'y prêtais pas attention
Avant, j'étais moi aussi un buveur invétéré. J'ai fait beaucoup de choses absurdes après avoir bu, dit beaucoup de paroles sans queue ni tête, et à cause de l'alcool, j'ai saigné, subi des accidents et perdu de l'argent. Aujourd'hui, quand j'y repense, cela me procure une souffrance indicible.
Une fois, j'ai fait une légère intoxication alcoolique et j'ai été hospitalisé. Le médecin m'a conseillé de boire moins, en disant que boire trop raccourcit la vie. Mais à l'époque, je me sentais très jeune et je n'y prêtais pas attention. Sans alcool, je m'ennuyais à mourir. Après ma sortie de l'hôpital, j'ai continué à boire.
Le corps a commencé à émettre divers signes d'alerte
Il y a environ six mois, après avoir bu, j'ai commencé à ressentir une faiblesse dans un côté des membres, parfois mon cœur s'emballait et devenait irrégulier le soir, parfois j'avais des douleurs au foie. Je supposais que c'était, à neuf chances sur dix, le signe avant-coureur d'une maladie grave. Plus tard, je suis allé passer un bilan de santé à l'hôpital, et tous les problèmes sont apparus : tension artérielle, glycémie, acide urique, cholestérol, lipides sanguins et homocystéine, tous élevés, ainsi qu'une stéatose hépatique légère.
J'ai commencé à prendre conscience de la gravité de la situation, et j'ai senti que ma vie était en train d'être épuisée. Quand on est jeune, on pense toujours qu'on ne tombera pas malade, qu'on ne mourra pas ; on en fait trop, sans faire attention à son alimentation ni à l'exercice physique. En prenant un peu d'âge, on commence à subir les conséquences. Cela confirme bien le dicton : « À force de jouer avec le feu, on finit par se brûler. » Je me disais que même après avoir arrêté de boire, ma santé ne serait plus très bonne, mais au moins, ne plus boire ne pourrait pas aggraver les choses. Autant arrêter de boire.
J'ai voulu arrêter par la seule force de la volonté, et j'ai échoué en deux jours
Au début, je pensais pouvoir tenir grâce à ma seule volonté. Résultat : je n'ai tenu que deux jours avant d'échouer. J'ai surestimé ma volonté et sous-estimé la puissance de la dépendance à l'alcool.
Dès le premier jour sans alcool, je me suis senti très mal : palpitations, vertiges et vision trouble, nausées et vomissements, mains tremblantes et sueurs froides, et insomnie la nuit. N'y tenant plus, j'ai recommencé à boire. En cherchant mes symptômes sur Internet, j'ai découvert qu'il s'agissait de symptômes de sevrage alcoolique. J'ai réalisé que j'avais probablement déjà un problème de dépendance à l'alcool.
Incapable d'arrêter seul, j'ai décidé de faire appel à des professionnels
Par la suite, j'ai aussi cherché pas mal de méthodes pour arrêter de boire sur Internet, et j'ai essayé de continuer à arrêter, mais toutes mes tentatives ont échoué. Après y avoir sérieusement réfléchi, je me suis dit que si je ne pouvais pas arrêter seul, autant demander l'aide de professionnels. J'ai donc décidé d'aller à l'hôpital pour une cure de désintoxication alcoolique.
Le diagnostic a confirmé une véritable dépendance à l'alcool. Après environ vingt jours d'hospitalisation, les tremblements des mains et les sueurs froides ont disparu, mon alimentation et mon sommeil sont revenus à la normale, et je n'éprouve plus le moindre intérêt pour l'alcool. Depuis ma sortie, ces derniers mois, je n'ai pas rebu une seule goutte. Après avoir arrêté de boire, j'ai l'impression que ma condition physique s'est nettement améliorée, que mes soucis ont beaucoup diminué, comme si j'avais retrouvé un sens à la vie.
Le médecin a indiqué : la dépendance à l'alcool est une maladie complexe, souvent étroitement liée à la prédisposition génétique individuelle, ainsi qu'à des facteurs psychologiques et socio-environnementaux. L'abus d'alcool ou la dépendance entraînent des problèmes somatiques, psychocomportementaux, familiaux et sociaux ; son évolution est souvent un processus chronique et récidivant. Le traitement est donc également un processus de longue durée, nécessitant une intervention globale médico-psychosociale pour traiter l'ensemble des problèmes causés par l'abus d'alcool, aider le patient à modifier ses comportements d'abus d'alcool, maintenir une abstinence à long terme, et favoriser la réhabilitation complète du patient sur les plans physique, psychologique et social.
Rétrospectivement : c'est parce que le corps a lâché en premier que je me suis forcé à faire face
Aujourd'hui, quand j'y repense, si le corps n'avait pas émis ces signaux en premier, je serais probablement encore en train de boire. Ce n'est pas que je n'y avais pas pensé, mais je me disais toujours que j'étais jeune et que je pouvais encaisser. Mais le corps ne ment pas : il te dit, avec des indicateurs bien concrets, qu'on ne peut plus continuer comme ça.
Beaucoup de gens sont peut-être comme moi : au début, ils pensent pouvoir arrêter par la seule volonté, mais c'est seulement en essayant vraiment qu'on réalise à quel point la dépendance à l'alcool est puissante. Si vous découvrez que vous n'arrivez pas à arrêter seul, n'hésitez pas à envisager de demander l'aide de professionnels. Ce n'est pas une honte, c'est une façon d'assumer sa responsabilité envers soi-même.
Si vous ou un membre de votre famille vivez une situation similaire et souhaitez en savoir plus sur la dépendance à l'alcool et le sevrage, vous pouvez consulter le guide de sécurité pour le sevrage alcoolique, ou découvrir le parcours de traitement.
Les signaux émis par le corps sont le point de départ le plus authentique du changement.